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Un important vase en émaux cloisonnés de l’époque Jiaqing vendu aux enchères

  • 16 juin
  • 4 min de lecture


Important vase en bronze et émaux cloisonnés, Chine, époque Jiaqing, décor archaïsant de taotie et dragons kui sur fond turquoise.
Important vase en bronze et émaux cloisonnés, Chine, époque Jiaqing, décor archaïsant de taotie et dragons kui sur fond turquoise.


L’art du cloisonné sous la dynastie Qing


Parmi les arts décoratifs les plus emblématiques de la Chine impériale, les émaux cloisonnés occupent une place privilégiée. Associant la richesse du bronze à l’éclat des émaux colorés, ils furent produits en grande quantité pour la cour impériale à partir de la dynastie Ming avant d’atteindre un niveau exceptionnel sous les Qing.

Le vase présenté ici constitue un remarquable témoignage de cette tradition. Réalisé sous le règne de l’empereur Jiaqing (1796-1820), il illustre la permanence du goût impérial pour les décors archaïsants développés sous le long règne de Qianlong.

D’une hauteur de 68 cm, porté à 80 cm avec sa monture en bronze doré, ce vase impressionne autant par ses dimensions que par la richesse de son décor. Sa silhouette élégante se compose d’une panse balustre reposant sur un pied circulaire et d’un long col évasé flanqué de deux anses en forme de dragons stylisés.


Un décor inspiré des bronzes antiques chinois


Détail de l'une des anses en forme de dragon stylisé et du décor cloisonné polychrome inspiré des bronzes rituels de l'Antiquité chinoise.
Détail de l'une des anses en forme de dragon stylisé et du décor cloisonné polychrome inspiré des bronzes rituels de l'Antiquité chinoise.



L’un des aspects les plus intéressants de cette œuvre réside dans son répertoire décoratif.

Le fond turquoise est couvert d’une profusion de motifs inspirés des bronzes rituels de l’Antiquité chinoise. Les masques de taotie occupent une place centrale dans la composition. Ces figures mythiques apparaissent dès le deuxième millénaire avant notre ère sur les bronzes des dynasties Shang et Zhou. Leur signification demeure encore discutée aujourd’hui mais elles sont généralement associées au monde rituel et au pouvoir.

Autour de ces masques se développent des dragons kui stylisés, des feuilles de bananier, des frises géométriques et des motifs de rinceaux qui rappellent les créations archéologiques admirées par les érudits chinois.

Sous les Qing, et plus particulièrement sous les règnes de Qianlong et Jiaqing, cette fascination pour l’Antiquité devient un véritable phénomène culturel. Les collections impériales se remplissent alors de bronzes anciens, copiés et réinterprétés dans de nombreux matériaux, notamment le jade, la porcelaine et les émaux cloisonnés.


Une technique particulièrement exigeante


La fabrication d’un vase cloisonné de cette qualité nécessitait l’intervention de nombreux artisans spécialisés.

Après la mise en forme du corps en bronze, de fines bandelettes métalliques étaient soudées à la surface afin de créer les différents compartiments décoratifs. Ces cloisons étaient ensuite remplies d’émaux de couleurs variées avant d’être portées à plusieurs reprises au four.

Chaque cuisson modifiait légèrement les teintes et imposait de nouveaux remplissages. Le polissage final révélait alors la richesse des couleurs et la finesse du dessin.

La palette chromatique de ce vase est particulièrement séduisante. Les tons turquoise dominants sont rehaussés de bleu profond, de rouge, de rose pâle, de blanc et de vert. L’ensemble est souligné par des montures en bronze doré qui accentuent son caractère précieux.


Les grands cloisonnés chinois sur le marché de l’art


Vase exceptionnel en émaux cloisonnés à décor de chauves-souris et nuages, dynastie Qing, période Qianlong (1736-1795), vendu 315 000 USD chez Sotheby's en 2021. Cette œuvre illustre le niveau de qualité atteint par les ateliers impériaux du XVIIIe siècle et l'intérêt soutenu des collectionneurs pour les plus beaux cloisonnés chinois.
Vase exceptionnel en émaux cloisonnés à décor de chauves-souris et nuages, dynastie Qing, période Qianlong (1736-1795), vendu 315 000 USD chez Sotheby's en 2021. Cette œuvre illustre le niveau de qualité atteint par les ateliers impériaux du XVIIIe siècle et l'intérêt soutenu des collectionneurs pour les plus beaux cloisonnés chinois.


Depuis une vingtaine d’années, les émaux cloisonnés chinois bénéficient d’un regain d’intérêt important auprès des collectionneurs internationaux.

Les pièces de grandes dimensions, présentant un décor complexe et une qualité d’exécution élevée, sont particulièrement recherchées. Cette tendance est portée à la fois par les collectionneurs chinois, les amateurs européens d’arts décoratifs et les institutions muséales.

Le vase présenté ici était estimé entre 6 000 et 8 000 euros. Il a finalement trouvé acquéreur à 9 000 euros, confirmant l’intérêt des collectionneurs pour les beaux cloisonnés du XIXe siècle.

Les résultats obtenus pour les exemplaires les plus importants témoignent cependant d’un marché beaucoup plus large.

Chez Christie’s, Sotheby’s ou Bonhams, certaines paires de vases cloisonnés de la période Guangxu dépassent régulièrement les 20 000 à 40 000 euros.

Les grands modèles impériaux du XVIIIe siècle, notamment lorsqu’ils portent une marque de règne ou présentent une provenance prestigieuse, atteignent fréquemment plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Les pièces conservées dans les collections impériales ou directement liées au Palais d’Été peuvent quant à elles dépasser largement les 100 000 euros.


Un témoin du raffinement décoratif de la Chine impériale


Au-delà de sa valeur marchande, ce vase illustre parfaitement le raffinement des ateliers chinois de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle.

Son décor complexe, sa palette lumineuse et ses imposantes dimensions en font un objet représentatif du goût développé à la cour Qing pour les créations luxueuses inspirées de l’Antiquité.

Ces œuvres occupaient souvent une place centrale dans les palais, résidences officielles ou demeures de hauts dignitaires. Elles constituaient autant des objets décoratifs que des symboles de culture et de prestige.

Aujourd’hui encore, elles demeurent parmi les créations les plus spectaculaires de l’art décoratif chinois.


Expertise et estimation des émaux cloisonnés chinois


L’identification et la datation des cloisonnés chinois nécessitent une connaissance approfondie des techniques, des styles décoratifs et de l’évolution des ateliers impériaux.

De nombreux objets du XIXe et du XXe siècle reprennent en effet les modèles anciens, ce qui peut rendre leur attribution complexe.

Gauchet Art Asiatique accompagne collectionneurs, successions, institutions et maisons de ventes dans l’expertise, l’estimation et la mise en vente des émaux cloisonnés chinois.

Notre cabinet intervient à Paris, en Occitanie, dans toute la France ainsi qu’à l’international pour l’évaluation des porcelaines, bronzes, jades, cloisonnés et œuvres d’art asiatiques

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